KORSAKOFF (SYNDROME DE)


1 - CIRCONSTANCES D'APPARITION :

- Brutal : alcoolisation excessive, infection, suite d'un Délirium Tremens, Complication d'une cure de désintoxication,

- Progressif : suite d'une encéphalopathie de Gayet-Wernicke, ou sans cause retrouvée,

- Prodromes = signes mineurs de ¶sevrage¶.


2 - TABLEAU CLINIQUE :

ATTEINTE SPECIFIQUE DE LA MEMOIRE (Triade) :

- Troubles mnésiques : amnésie antérograde de fixation (oubli à mesure) sans trouble de la mémoire immédiate ni trouble de perceptions ; ¶Débord rétrograde¶ de l'amnésie ; conservation de l'évocation des faits anciens.

- Anosognosie partielle

- Fabulation compensatrice pouvant masquer le déficit mnésique, cohérente, plausible, souvent induite par le médecin.

- Avec paramnésies : faux souvenirs, fausses reconnaissances (¶Délire de mémoire¶) ; ou bribes de souvenirs anciens et récents désorganisés.

- Désorientation surtout temporelle, mais aussi spatiale avec fausses orientations.

TROUBLES DE L'HUMEUR :

Euphorie, apathie, insouciance, irritabilité, instabilité, hyperémotivité, anxiété.

SIGNES NEGATIFS :

Pas de confusion (après la phase aiguë) ni de démence.

SIGNES NEUROLOGIQUES :

Polynévrite sensitivo-motrice atrophique sans parallélisme somato-psychique.



3 - ETIOLOGIES :

Carences nutritionnelles = alcoolisme, avitaminose B1

Tumeurs de la base, traumatisme crânien

Accident vasculaire cérébral = hématome, ramollissement du circuit Hippocampo-Mamillo-Thalamo-Cingulaire

Suites de neurochirurgie

Exceptionnel = anoxie, épilepsie, encéphalite, méningite, dégénérescence.


4 - EVOLUTION :

AVEC TRAITEMENT :

- Récupération satisfaisante avec amnésie lacunaire

- Récupération partielle lente avec troubles mnésiques mais travail aménagé permettant une certaine autonomie,

- Evolution vers la démence.

TROUBLES TROPHIQUES peuvent subsister si polynévrite

PRONOSTIC VITAL à long terme est médiocre :

Complications somatiques, reprise de l'intoxication.

Référence :

1 - Vade-mecum de psychiatrie

Page 95

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Psycho-polynévrite de Korsakoff

L'association à la polynévrite d'autres manifestations nerveuses alcoolo-carentielles est fréquente. elles-ci sont assez caractéristiques pour constituer un apport au diagnostic.

Il s'agit parfois d'une encéphalopathie subaigüe de Gayet-Wernicke ou d'un syndrome cérébelleux, mais l'association la plus commune est celle de troubles mnésiques korsakoviens.

Référence :

2 - Abrégé de neurologie, 6e édition

CAMBIER

Page 246

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En 1889, S.Korsakoff rapporta plusieurs observations d'un trouble de la mémoire des faits récents avec fabulation et fausses reconnaissances sans amnésie des faits anciens ni démence. La moitié seulement des patients étaient des alcooliques mais tous présentaient des troubles nutritionnels. L'association avec une polynévrite fit naître le terme de psycho-polynévrite. Depuis lors, des troubles mnésiques de qualité identique ont été rapportés à des étiologies autres que l'alcoolisme si bien que le terme de ¶syndrome de Korsakoff¶ désigne une entité clinique dont l'unité est d'ordre physiopathologique.

Le syndrome de Korsakoff se caractérise par une amnésie antérograde et à un moindre degré rétrograde.

A partir d'une certaine date, plus aucun souvenir ne s'est formé. Pour les faits antérieurs à cette date, il existe une dysmnésie d'évocation plus ou moins cahotique ; seuls les souvenirs anciens sont conservés. L'impossibilité de former de nouveaux souvenirs est caractéristique. Le malade oublie à mesure les consignes, ce qu'on vient de lui dire, ce qu'il a fait quelques instants plus tôt, à plus forte raison les jours précédents. Il est incapable de répéter trois noms après un délai de cinq minutes, ou de résumer un texte qu'il vient de lire.

L'atteinte des connaissances didactiques est variable. Souvent les souvenirs historiques et géographiques sont perturbés donnant lieu à des télescopages cocasses des événements dans le temps.

Ignorant totalement son passé récent, ayant perdu tout repère, le malade est désorienté dans le temps et dans l'espace. Il se croit dans une année très ancienne et donne des détails sur les personnages et les événements politiques de cette époque comme si elle était actuelle.

Totalement anosognosique de son trouble, le malade répond aux questions en fabulant. Il donne des détails sur ce qu'il a fait la veille, alors qu'il n'a pas quitté sa chambre, parle de ses parents comme s'ils étaient toujours vivants. Cette fabulation souvent empreinte d'euphorie donne lieu parfois à une sorte de délire d'imagination. Les personnages de l'entourage constituent eux-mêmes une source de fabulation et les médecins n'échappent pas aux fausses reconnaissances.

Contrastant avec la gravité des troubles mnésiques, les capacités de calcul, de raisonnement, de jugement, d'abstraction ne sont pas touchées lorsqu'elles ne font pas appel aux souvenirs récents. Les examens psychométriques montrent que ces malades ne sont pas notablement détériorés.

Les lésions responsables du syndrome de Korsakoff intéressent de façon bilatérale, mais non nécessairement symétrique, le circuit hippocampo-mamillo-thalamique.

La carence en vitamine B, est l'étiologie la plus fréquente. Le syndrome de Korsakoff se développe chez un alcoolique à la suite d'une encéphalopathie de Wernicke manifeste ou plus insidieusement. L'atrophie des tubercules mamillaires est la lésion la plus constante.

L'atteinte des deux hippocampes par un double ramollissement de la cérébrale postérieure, par des lésions anoxiques (notamment après un état de mal épileptique), par une encéphalite herpétique... peut donner lieu à un syndrome de Korsakoff. En outre des syndromes dysmnésiques de type korsakovien ont été observés après exérèse bilatérale de la corne d'Ammon pratiquée pour traiter certaines épilepsies rebelles. Des tumeurs médianes interrompant le fornix peuvent entraîner une sémiologie analogue. Enfin, certaines amnésies traumatiques ont les caractères d'un syndrome korsakovien habituellement régressif.

Référence :

3 - Abrégé de neurologie, 6e édition

CAMBIER

Pages 166, 167


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Cette variété particulière d'amnésie se précise habituellement au décours d'un épisode d'encéphalopathie de Gayet-Wernicke, se dégageant progressivement de l'état confusionnel initial. Parfois cependant le syndrome de Korsakoff se constitue d'emblée.

Le pronostic du syndrome de Korsakoff, lorsqu'il persiste à distance de la phase aiguë d'encéphalopathie, est grave. Une certaine amélioration reste alors possible mais alors très lente et incomplète.

Sur le plan pathogénique et thérapeutique le syndrome de Korsakoff alcoolique rejoint le problème de l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke, dont il représente une séquelle liée à des lésions résiduelles prédominant sur les tubercules mamillaires.

Référence :

4 - Abrégé de neurologie, 6e édition

CAMBIER

Page 536